Comme vous le savez peut-être, je suis pas mal impliqué. Impliqué socialement (http://espacejas.com/louisjosephbenoit/2010/05/23/pourquoi-la-main-rouge/) mais aussi politiquement.
Il y a déjà un certains temps que je suis fatigué par la politique partisane (voir http://www.vigile.net/Le-MPIQ-a-1-an, 14 janvier 2010). Trop souvent j’y ai vu un manque d’honnêteté, de cohérence et de loyauté. Quand aux « ailes jeunesses » (instances dans les partis regroupant les jeunes), j’y ai trop souvent côtoyé du carriérisme ou à l’opposé un manque de professionalisme pour ne pas m’en retrouver cynique. Puis je ne parlerai même pas des hypocrisies ou des empiettements relationnels que j’ai pu observer dans ce milieu et dont j’ai heureusement pu me préserver en n’oubliant jamais de garder du temps pour mes proches : ma famille, mes ami-e-s et ma communauté.
J’ai exigé de moi-même une implication qui était à la fois démesuré par rapport à ce que j’aurais pu ou dû donner, alors qu’en même temps ça ne restait jamais assez dans mon esprit. Encore maintenant, j’ai de la difficulté à reconnaître les réalisations que j’ai pu faire au courant de mes mandats, surtout qu’à chaque fois j’ai pu constater le côté éphémère des réalisations qu’on peut y faire. Le temps perdus avec les gens qui comptent vraiment, la moyenne académique qui s’en ressent et les coûts du militantismes, eux, ne sont malheureusement pas éphémères.
Ajoutons qu’avoir Jean Charest et Stephen Harper comme premiers ministres, depuis plusieurs années et pour au moins encore un petit bout, malgré leur impopularité appparente, est TRÈS démotivant…
Mais il y a quelque chose de noble et d’essentiel dans la politique, dans ce don de soi pour participer activement au fonctionnement de la société. Il y a quelque chose de grisant là-dedans aussi. Tout cet aspect de défis continuels à relever, de rebondissements vers le haut et le bas, des victoires éclatantes aux défaites honteuses. Quelque chose d’enrichissant sur le plan personnel et professionnel aussi. Pleins d’apprentissages théoriques et pratiques utiles à divers niveaux, un réseautage à travers tout le Québec difficilement possible en d’autres milieux et malgré ce que j’ai pu dire plus haut, quelques rencontres et amitiés durables forgées à force de défis relevés ensemble.
Puis on ne s’implique pas en politique que pour faire de la politique, en générale. On le fait pour une ou des causes. Dans mon cas, l’Indépendance du Québec, le nationalisme et la culture québécoise ainsi que la justice sociale, l’écologie, l’Éducation et une certaine vision de la démocratie. Toutes ces causes peuvent évidemment être défendues hors de la politique partisane, mais la plupart des gens que j’ai rencontrés savent reconnaître que le lieu de décision, l’endroit ou ça pourrait débloquer, ça reste au final la politique. Il ne faut donc pas rejeter ces implications sociales inhérentes au militantisme politique et qui le distingue de la politique active.
Il y a aussi cette notion que j’ai apprise très tôt : si on ne s’occupe pas de la politique, elle s’occupe tout de même de nous. En ce sens, l’implication des jeunes, surtout des jeunes de milieux défavorisés et qui plus est des jeunes décrocheurs, devrait toujours être reconnue et valorisée. Je ne regretterai donc jamais cette implication sans laquelle je n’aurais jamais “raccroché”. Et si le raccrochage peut être difficile, il est toujours positif… et il n’est toujours aussi qu’une condition temporaire, de transition, vers un “retour à la normale” qui est inévitable sans jamais être tout à fait complet.
Décrocheur un jour, décrocheur toujours? Un peu, oui. Ce qui m’emmène à mon prochain sujet : comment « retourner à la normale » sans tenter de chasser le naturel au cas qu’il reviendrait au galop? Comment avoir l’ambition de la réussite malgré son passé tout en se détachant des attentes des autres ou de soi-même? J’écrirai à ce sujet dans mon prochain billet!

